Aujourd'hui je n'avais pas de stage. J'ai donc fait le visiteur français, mais en même temps le citoyen New Yorkais, en vagabondant parmi les îles de l'État de New York.
Seul, je me dirige vers Coney Island, la pointe la plus au sud de Brooklyn, et de New York. Réputé pour ses multiples attractions, le quartier est féerique. Je débarque sur Surf Avenue, parallèle à la Mer. Un immense parc d'attraction libre d'accès s'ouvre à moi, occupé par des centaines de Coney Islandais en shorts, bikinis, et tongs. C'est les vacances, c'est lumineux, c'est une toute autre face de New York, encore inconnue. Trottoirs larges, hot-dogs, Pepsi, burgers, Corona, tout est là. La plage s'étend à perte de vue, peuplée par certains courageux et deux ou trois centaines de poubelles vides. À l'angle d'un stade de Baseball, je grimpe sur un Pier, vais tout au bout, et m'allonge sur la mer et les planches de bois, parmi le vent, les pêcheurs, et les mouettes. 'Cordell', des Cranberries, allait bien avec le moment. Que rêver de mieux, je me rendais compte de la chance que j'avais d'être ici, à ce moment là. GRAND instant de repos, sous le ciel bleu et sur la mer. Sur le retour, la féerie se poursuit, en passant par Beer Island (seulement un magasin, pas une île, hm), et un charmeur de gros serpents blanc et jaune. J'avais six ans cette après-midi.
J'ai le temps, du temps. Je reste sur Brooklyn en descendant à n'importe quel arrêt de Metro : je ne connais pas l'endroit, allons donc voir comment c'est. L'arrêt s'appelle "Atlantic-Pacific", une grosse jonction des transports Brooklynois. Après un quart d'heure à chercher la sortie de la bouche de Metro, Iced Green Tea et découverte d'un grand mall ensoleillé. C'est beau.
Retour dans le Metro. Deux scouts français d'une vingtaine d'années jouent au frisbee dans le wagon. Pff. Arrêt à Bowling Green, l'ultime pointe Sud de Manhattan. Je ne connaissais pas, encore une fois, alors je visite. Tout est vert dans le Metro. Je gravis les escalators, et est submergé par un immeuble vitré de vert, brandissant ses reflets perpétuels sur les parcs (...?). Je marche vers le sud-sud, jusqu'à la mer. La Statue de la Liberté m'arrête, me stoppe, c'est pourtant seulement une statue, et loin en plus. 'Incantations', Massive Attack. Des ferrys arrivent, se vident, se remplissent, et repartent. Je marche, seul. J'aperçois une immense structure d'acier brossé, m'approche, et comprends que c'est la station du Staten Island Ferry. TRÈS moderne. Les gens en costumes courent, se bousculent, pour ne pas rater leur bateau (c'est plus des bus ou des Metros, ce sont carrément des bateaux oranges). Quel beau temps.
J'appelle Clément pour partager le programme de la soirée ensemble. Toujours pas sorti de l'agence, il me permet de découvrir une dernière trouvaille encore inconnue de New York avant la nuit. Pier 17 : sur la rive Est de l'île, je déambule parmi les panoramas, les amarres, et les trois-mâts en bois. Pier 17 est rouge, beau, attirant. Je rentre. Une centaine de magasins indoor et outdoor sont étroitement disposés sur trois étages. À l'extérieur, une vue imprenable de la côte est appréciable (et appréciée) : j'y distingue les trois ponts reliant les différents boroughs New Yorkais. Je passe du bon temps. 'Child Of Vison' de Supertramp m'y aide encore plus.
De retour sur Woodside, je clos mon daily trip par un fou rire. Oui, un fou rire dans le Metro 7. J'avais pas prévu. Une fois assis, se morfond en face de moi un mexicain, s'endormant sur l'épaule de son voisin (qu'il ne connaissait pas). Ce voisin, en orange, guettait l'oreille sale et tombante du mexicain du coin de l'oeil. Je riais, intérieurement. À chaque secousse de la rame, les centimètres entre le lobe et l'épaule des deux hommes diminuaient. L'homme en orange me voit rire, et dès que le siège d'a côté était libre, il a sauté dessus. Le mexicain se réveille, MAIS.................se rendort. Je ne m'esclaffe plus, mais c'est très dur, car l'homme en orange est tordu, caché par ses mains. Le fou rire s'amplifie lorsqu'une gentille dame s'assoit à côté du mexicain. Je ne sais plus où regarder. Le mexicain me fait rire, l'homme en orange se marre tellement qu'il en a mal au ventre, et chacun des passagers se demande ce qu'il se passe. Une larme glisse sur ma joue. L'homme en orange descend, me laissant seul avec le mexicain. Beuuha. Il me lance un dernier grand clin d'oeil plein d'humour sur le quai, et je ris.
Les fous rires dans un Metro, faut essayer. Parmi tant d'autres choses d'ailleurs.
Cette journée était superbe. Quoique très maritime, elle m'a dépaysé de la Grand Pomme. J'étais plus qu'un touriste, mais ça aurait été la journée idéale pour quelqu'un qui ne résiderait que 24h à New York.